Frédéric Aubreton reçoit les Palmes académiques


Mardi 24 novembre dernier, le Directeur du CFA les 13 Vents, Frédéric Aubreton, a reçu la médaille des Palmes académiques des mains de Gilles Bal, Inspecteur d'Académie.



Intervention de Gilles Bal, Inspecteur d'académie

Frédéric Aubreton reçoit les Palmes académiques
Monsieur le Président de la chambre des métiers de la Corrèze,
Madame la Conseillère régionale représentant M. le Président du Conseil régional,
Monsieur le Représentant du Délégué régional adjoint au commerce et à l’artisanat,
Monsieur l’Inspecteur en charge de l’apprentissage, cher collègue,
Mesdames et messieurs les Chefs d’entreprise et artisans,
Mesdames et messieurs,

Monsieur le directeur du CFA Les 13 vents, cher monsieur Aubreton,

Je vous avoue que je suis un peu impressionné d’être ici ce soir avec vous, au côté de monsieur Aubreton à qui je vais avoir l’honneur de remettre au nom du ministre de l’Éducation nationale les insignes de chevalier dans l’Ordre des palmes académiques.

Je suis impressionné et en même temps très heureux pour au moins deux raisons :
la première est d’ordre personnel, il se trouve en effet que j’ai été moi-même directeur d’un CFA, beaucoup plus modeste certes que celui des 13 vents, mais ce fut une expérience riche, formatrice dont je conserve le meilleur souvenir ;
la deuxième raison, bien plus essentielle, réside dans la personne que nous honorons ce soir, dans son parcours, dans sa manière d’envisager la formation, dans le service rendu à la cause éducative.

C’est bien là l’objectif de cette haute distinction qu’est l’Ordre des palmes académiques. L’Ordre a été créé en 1808, création napoléonienne dont on a fêté le bicentenaire l’année dernière. En 200 ans, il y a eu bien évidemment des évolutions mais, rassurez-vous, je ne vais pas en faire l’historique ce soir.

Je voudrais simplement évoquer en quelques mots qui seront sûrement trop courts, avec votre autorisation monsieur le directeur, votre itinéraire professionnel.

Il est difficile d’en avoir une vision globale car votre parcours est très diversifié. Force est cependant de constater que rien à l’origine ne permettait de penser que ce chemin vous conduirait à la formation.

Ce n’est pas, en première lecture, votre propre formation initiale de Sup de Co, suivi d’un troisième cycle en sciences de la communication, encore que la communication peut amener à la pédagogie même si la pédagogie, ne se limite pas à la communication, il s’agit de bien autre chose…

Ce n’est pas non plus le début de votre carrière professionnelle dans la sphère de la communication et de l’édition.

Frédéric Aubreton reçoit les Palmes académiques
En fait insensiblement, vous y viendrez, à la formation, d’abord au CFA du bâtiment de Vichy où vous entrez par les aspects financiers. Partie délicate, sûrement. Mais pas forcément la moins pertinente, car sans le nerf de la guerre, rien n’est possible.
Vous y réussirez dans ce CFA puisque très rapidement vous seront confiées les responsabilités de directeur adjoint.

Et la chambre des métiers de la Corrèze, qui a quelques soucis, veille. Vos compétences managériales l’intéressent au plus haut point.

C’est ainsi que vous arrivez à la direction générale du CFA des treize vents. Je voudrais m’attarder quelques instants sur ces responsabilités éminentes que vous assumez depuis 4 ans maintenant.

Je n’insisterai pas sur les conditions délicates, doux euphémisme…, dans lesquelles vous prenez vos fonctions, le Centre est à ce moment-là en grande déshérence.
Quoi qu’il en soit, vous êtes attendu par tous les partenaires, les personnels, les financeurs, les entreprises.

Bientôt, je résume naturellement, vous parviendrez à redresser la situation, à redonner la confiance, à remettre la maison sur le chemin du progrès et de la qualité.
Comment avez-vous procédé ? Comment faites-vous aujourd’hui encore pour que ce CFA qui accueille près de 700 apprenants ait la réputation que tout le monde lui reconnait ?

Je crois déceler au moins deux axes forts dans votre action :
le premier c’est le partenariat institutionnel que vous avez développé, avec les acteurs de l’orientation et de l’insertion, les CIO, les missions locales, les collèges et lycées professionnels ce qui a permis entre autres de mettre en place une action très originale d’ouverture sur les métiers. Un projet souple, adapté, modulable, un projet qui n’enferme pas les jeunes mais au contraire leur ouvre des perspectives nouvelles. Un projet aussi qui considère le jeune tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts, c’est le deuxième axe fort de votre travail.

C’est l’adaptation au jeune, la prise en compte de ses difficultés voire de ses problèmes de vie personnelle. Je sais que vous êtes engagé sur ce thème dans une expérimentation à portée nationale reconnue par le Haut commissariat à la jeunesse. C’est un projet innovant, fondé sur l’humain, qui repose sur l’idée simple et ambitieuse à la fois qu’il faut donner, voire redonner, le goût d’apprendre, de se former, de progresser. Cela passe par une approche globale où l’ouverture au monde et à la culture a toute sa place.

Pour concevoir et mettre en œuvre de tels projets, il faut des convictions, que le passionné de sciences humaines que vous êtes, a chevillées au corps. Il faut aussi un savoir-faire relationnel, il faut être capable de mobiliser des équipes pour passer d’une logique d’offre disciplinaire à une logique de réponses individuelles, sans, naturellement, oublier les disciplines, car on n’enseigne pas du vent !

Vous avez su et c’est probablement le cœur de votre réussite structurer l’établissement autour des questions pédagogiques en partant des besoins des jeunes et de leurs futurs employeurs. Ces derniers, les maîtres de stages, sont étroitement associés au processus de formation dans lequel les différentes phases de l’alternance se répondent et se nourrissent mutuellement.

L’entreprise est plus qu’un simple lieu de stage, c’est un lieu de formation essentiel. Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour remercier à travers vous monsieur le président les entreprises, nombreuses, qui acceptent le jeu de la formation, y compris quant il s’agit des plus jeunes, je pense aux collégiens. L’enjeu est majeur pour nous tous : pour l’institution scolaire, bien sûr, et surtout pour les élèves et in fine pour les employeurs.


Monsieur Aubreton, à toutes vos compétences s’ajoutent vos qualités humaines reconnues par tous : votre disponibilité, votre attention aux autres qui n’excluent ni la rigueur ni l’autorité dans leur forme la plus positive. Vous êtes devenu un expert de la formation par apprentissage, capable d’appréhender la complexité des problématiques. La région vous a d’ailleurs récemment sollicité à ce titre, ce qui est en soi une très belle reconnaissance, même si c’est du « boulot » supplémentaire !

La voie de la formation par l’apprentissage est une voie à part entière, qui vient en complément des formations sous statut scolaire.
Complémentaire, essentiellement, parce que l’alternance est une modalité qui permet à certains élèves de mieux apprendre, en saisissant le sens des apprentissages, par un va et vient entre la théorie et la pratique.

Les jeunes que vous recevez ne sont pas toujours en situation favorable. C’est une litote.
Vous savez les remettre en selle, leur faire prendre conscience de leurs potentialités, les accompagner sur ce long chemin qui conduit à l’insertion professionnelle.
Vous participez ainsi à la lutte contre le fléau des « sorties sans qualification » qui, bien qu’elles aient diminué, restent un problème pour notre société dans laquelle on ne peut s’insérer qu’en étant bien formé.

Accompagner, c’est marcher avec, dans l’antiquité le pédagogue est celui qui conduit l’enfant à l’école et lui fait faire ses devoirs. Accompagner, c’est ce que vous faites au CFA tous les jours avec vos équipes, c’est pour cela que vous êtes, au-delà du chef d’entreprise, un éducateur, un vrai pédagogue, le premier de la maison comme les chefs d’établissement dans leurs collèges ou lycées.

Rien du moins en apparence ne vous prédestinait à ce métier, je le disais au début de mon propos, mais tout démontre que vous réussissez excellemment dans le domaine de l’éducation et de la formation. Pour cette raison, pour la manière dont vous servez la cause éducative, le ministre a décidé de vous attribuer cette distinction dont je vais vous remettre les insignes dans quelques instants avec beaucoup de plaisir et mes félicitations renouvelées.

Allocution de Frédéric Aubreton

Frédéric Aubreton reçoit les Palmes académiques
Monsieur l’inspecteur d’Académie je vous remercie d’avoir accepté au nom du ministre de me remettre l’insigne de chevalier dans l’ordre des palmes académiques comme d’avoir, avec talent, su si bien résumer ma carrière et perçu la volonté qui m’anime.

C’est une fierté pour moi que de recevoir aujourd’hui cette distinction des mains d’un cadre de l’Education Nationale ; moi qui bien que n’appartenant pas à cette administration, travaille pourtant dans son giron depuis bientôt quinze ans. Je mesure, croyez le bien, toute l’importance du geste et l’honneur qui m’est fait. Honneur accentué par le choix du lieu et de l’instant : quel meilleur endroit, en effet, que la Chambre de Métier et de l’artisanat de la Corrèze ? Quel meilleur moment que cette assemblée générale rassemblant les élus qui me témoignèrent leur confiance il y a quatre ans ?

Mais si cette distinction revient au chef d’établissement que je suis, vous conviendrez monsieur l’inspecteur que je peux m’en attribuer seul les mérites. Que serait en effet mon action si je n’avais autour de moi une équipe, celle du CFA les 13 vents et de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Corrèze : professeurs, éducateurs, personnels administratifs et logistiques, agents consulaires qui, au jour le jour, acceptent de m’épauler dans ma tâche.

Vous me permettrez certainement de leur dédier cette récompense en gage de ma reconnaissance pour leur implication sans faille et leur absolue fidélité à la cause de l’apprentissage et de l’artisanat.

Ils partagent avec moi je crois cette vision très optimiste et humaniste de l’émancipation et de l’élévation toujours possible et savent bien combien l’accompagnement et l’attention portée peuvent transformer les hommes, et leur façon de vivre ensemble.

Il faut dire qu’au CFA les 13 vents nous avons une vision un peu particulière de l’apprentissage. Peut être parce que nous avons choisi d’incarner un peu plus qu’ailleurs cette petite phrase l’on pourrait inscrire au fronton de notre établissement et qui figure en bonne place dans le code du travail : « L’apprentissage concourre aux objectifs éducatifs de la nation ». Gilbert Riche qui nous fait l’amitié d’être présent aujourd’hui et que je remercie très sincèrement au nom de tous pour son implication à nos cotés partagera j’en suis sûr notre attachement à l’affirmation de ce principe.

Que signifie-t-il ? D’abord qu’au même titre que d’autres voies de formation initiale l’apprentissage peut mener loin. A la création d’entreprise par exemple. Et ce n’est pas pour rien si l’on estime que près d’un chef d’entreprise artisanale sur deux en est issu. Nombre des personnes présentes à cette assemblée témoigneront facilement de cette évidence.

Ensuite et surtout que si l’un de nos objectifs est bien sûr de former des professionnels maîtrisant un geste technique tel n’est pas pourtant le seul horizon de notre métier. Comment pourrions nous oublier en effet que la technicité que nous transmettons aujourd’hui sera pour bonne part obsolète demain.

Par parenthèse cette tendance est avérée partout et parfaitement décrite par une récente étude américaine qui estime par exemple que la moitié des savoirs enseignés aux étudiants d’université sont dépassés avant même l’obtention de leur diplôme ou que la moitié des profession exercées dans 5 ans n’existent pas encore aujourd’hui.

C’est à ce contexte inquiétant mais aussi stimulant que nous devons préparer les jeunes qui nous sont confiés. Et ce en usant de tous les leviers, pédagogiques qui nous sont offerts pour faire acquérir des compétences, voire des méta-compétences, que nous pensons être celles qui permettront de s’adapter et de créer dans le monde de demain.

C’est cette vision qui nous a conduit monsieur l’inspecteur à mener dans cet établissement quelques opérations remarquées comme la promotion des langues qui nous valut un label européen, la généralisation de la mobilité individuelle des apprentis à l’étranger pendant le cursus de formation, le développement de l’expression et la promotion de la pensée aux travers des cafés citoyens et philosophiques, ou l’alternance collège. Parties très visibles mais succinctes d’un iceberg que l’on nomme chez nous projet éducatif et pédagogique ayant pour thèmes centraux le développement de l’autonomie et du vivre ensemble.

L’apprentissage par la complexité et l’étendue des situations formatives proposées offre à cet égard des opportunités éducatives sans fin.
Le contexte institutionnel, lui aussi complexe, au carrefour de l’entreprise, de la famille, du jeune, des organismes consulaires, des administrations- pour peu qu’on sache prendre en compte ce qui fonde la logique des interlocuteurs et qu’on sache faire partager sa vision- offre des moyens et des opportunités d’organisation étonnantes.

A cet égard et pour le chef d’établissement que je suis l’apprentissage est un terrain d’expérimentation permanent, raison qui explique certainement l’implication qu’on m’attribue généralement pour ne pas dire la passion mais aussi l’impatience qu’on me reproche parfois.

Quel meilleur environnement en effet pour le pédagogue que je crois être devenu que celui de l’apprentissage pour mettre en œuvre un enseignement qui fait vraiment grandir ? Un enseignement où l’autonomie, la créativité sont au centre. Où la prise en compte de chacun pour ce qu’il est conduit l’action du formateur vers l’ambition du devenir au plus haut. Où l’inductif n’est pas opposé au conceptuel. Où l’on s’efforce de produire du sens en s’affranchissement du découpage disciplinaire et en rassemblant par là ce qui est épars. Où la valeur essentielle enfin que l’on communique est celle de la dignité de soi et du respect de celle des autres.

On dit parfois que l’apprentissage est une bonne école de vie. Je le crois. Parce que ce qui la fonde c’est l’aventure humaine qu’elle implique. Une aventure à plusieurs, tous réunis en principe autour du MAITRE d’apprentissage. Une aventure pas toujours idyllique j’en conviens parfois rugueuse, parfois tendue mais le plus souvent généreuse. Bref une aventure passionnée ; ainsi sont les rapports humains.

En commençant par hasard ce métier à l’école des métiers du bâtiment de Bellerive-sur-Allier, il y a quinze ans, et pour mes compétences de gestionnaire je n’en soupçonnais pas sa richesse. Fils d’enseignant mais petit fils d’artisans je m’étais jusqu’alors pourtant tenu à l’écart de tout ce qui pouvait me rappeler le monde de l’EN privilégiant celui de l’entreprise qui me convenait parfaitement.

Faut-il alors voir dans notre présence en ces lieux l’action de la main invisible et implacable de l’atavisme ? Je ne le crois pas.

J’aime certes mon métier parce qu’il me permet de faire une synthèse entre deux mondes que je comprends et que j’aime. Pédagogue, entrepreneurs. J’aime mon métier parce que passionnés par les sciences humaines il me permet chaque jour de progresser sur la compréhension des phénomènes de l’esprit humain. Mais je crois que j’aime mon métier surtout parce qu’il est aussi celui d’un chef d’une entreprise un peu particulière.

Vous l’aviez noté monsieur l’inspecteur lors de notre précédente rencontre. Etre directeur aujourd’hui d’un centre de formation d’apprenti suppose quelques qualités qui ne sont sans rappeler je crois celle du dirigeant d’entreprise. Cette fonction quand on veut l’exercer pleinement réclame je crois la même la même volonté, la même capacité à convaincre y compris ses partenaires les plus proches, la même faculté à la fermeté et à la diplomatie, le même sens du service rendu, la même envie de partager avec ceux qu’on côtoie un destin collectif, et aussi parfois comme me le faisait justement remarquer l’un des élus de la chambre de métier le même sens de l’astuce.

Ces compétences que l’on me reconnaît aujourd’hui vont en plus de mes fonctions actuelles trouver à s’employer sous une autre forme dans le rôle que le Conseil régional du Limousin a souhaité me confier. Celui d’appui conseil auprès des services de la Région et de coordonnateur régional pour les questions touchant à l’apprentissage. J’y vois une opportunité de plus qui m’est offerte de faire progresser la cause de l’alternance comme mode d’éducation et l’entreprise comme milieu formatif privilégié. Je m’y efforcerai soyez en sûr avec la même ténacité que lors de ma prise de fonction il y a quatre ans.

Monsieur l’inspecteur d’académie avant de conclure je veux profiter de cette occasion pour remercier les élus de la chambre de Métier et de l’Artisanat de la Corrèze en particulier le Président Christian Lavent ainsi que Laurent Melin Président de la commission des formations pour leur confiance et leur appui constant. Remercier également les représentants des organisations professionnelles avec lesquelles je partage des relations étroites. Merci à eux tous de m’avoir accepté pour me faire partager la richesse et la diversité de leur culture professionnelle. Merci à Jacques Chambon secrétaire général de la chambre de métier pour sa gentillesse, sa patience et sa stabilité au cœur des moments agités. Merci enfin à celle qui partage ma vie, Agnès qui n’ignore rien des affres et des tourment du directeur de centre de formation d’apprentis mais qui supporte avec patience et bienveillance.

Je vous invite maintenant à partager le verre de l’amitié, préparé et servi par les apprentis du CFA les 13 vents.

Frédéric Aubreton reçoit les Palmes académiques

Mercredi 25 Novembre 2009
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