Parcours territorialisé d’apprentissage : une Première en Corrèze !


Allocution de Frédéric Aubreton à l’occasion de la 1re Cérémonie de remise des diplômes du Cap Tonneliers Promotion François Treuil à Antoine Andary et Baptiste Herlin, le vendredi 2 septembre, en présence d’Alain Rousset, Président de la région Nouvelle-Aquitaine, de Christian Lavant, Président de la Chambre de Métiers, de l’Artisanat, de Laurent Lacroix, Directeur Général de Brive Tonneliers et des Sages du Conseil de la Haute Coulombe de Brive Tonneliers



Les Sages du Conseil de la Haute Coulombe de Brive Tonneliers, Laurent Lacroix, Antoine Andary, Baptiste Herlin, Alain Rousset, Christian Lavant et Frédéric Aubreton .
Les Sages du Conseil de la Haute Coulombe de Brive Tonneliers, Laurent Lacroix, Antoine Andary, Baptiste Herlin, Alain Rousset, Christian Lavant et Frédéric Aubreton .
Monsieur le Président du Conseil Régional
Mesdames et messieurs les élus
Monsieur le Directeur général

Je veux commencer ma prise de parole en exprimant mes félicitations à Antoine et Baptiste heureux lauréats de cette première promotion d’apprentis tonneliers formés en situation de travail.

Messieurs je suis fier de votre réussite et avec moi toute l’équipe des 13 vents et en particulier mes collègues messieurs Fraysse et Rue vos accompagnateurs. Réussite dont je ne doutais pas d’ailleurs. Nous nous connaissons depuis un petit moment et je sais votre constance, votre capacité à l’effort et votre ouverture d’esprit. Lorsque nous avons initié avec Brive tonnelier cette nouvelle formation je savais que vous seriez à même d’en profiter pleinement en vous investissant. Vous l’avez fait. Bravo. Et en réussissant vous avez démontré que vous étiez capables d’être pleinement acteur de votre formation qualité qui est l’Alpha et l’Omega de la réussite lorsque l’on apprend en parcours territorialisé. Ce faisant vous avez acquis une nouvelle capacité à vous former par la pratique dans n’importe quel environnement de travail. Gageons qu’elle vous sera d’un grand service dans l’avenir. Et maintenant il ne me reste à qu’à vous souhaiter bonne chance et bien sûr bon vent.



Mesdames et messieurs, les parcours territorialisés d’apprentissage sont nés aux 13 vents, l’établissement corrézien et tulliste que je dirige, de la confrontation a des problématiques de terrains :

- Comment répondre sur des territoires ruraux à l’attente de jeunes souhaitant se former mais rencontrant des problèmes de mobilité ?

- Comment répondre à l’attente d’autres jeunes de niveaux, d’âge et de passés hétérogènes pour des dispositifs de formation plus attrayants, plus adaptés, plus construits sur les réalités d’un métier ?

- Comment permettre à des entreprises soucieuses de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences d’accueillir des apprentis lorsqu’il n’existe pas de centre de formation à proximité ?

- Comment faciliter la conservation de tour de mains, de savoir-faire dans des métiers rares lorsque l’idée même d’ouverture d’une section de formation dédiée dans un établissement semble hors de portée ?

- Comment tout simplement rendre plus efficientes, plus attractives, plus flexibles plus réactives les pratiques existantes de la pédagogie de l’alternance ?

Les parcours territorialisés d’apprentissage sont nés de la confrontation des équipes que je dirige à ces réalités exprimées par tel élu président de mission locale, par tel chef d’entreprise ou représentant d’organisation professionnelle, par tel jeune aspirant à un apprendre différemment ou par tel professeur de CFA confronté à des difficultés nouvelles.

Dans notre esprit, la solution était au cœur du réacteur. Sur le terrain. Au sein même de la réalité du travail. Quelque part dans la relation très particulière existant entre un maître d’apprentissage et son apprenti se confrontant à la difficulté d’une réalisation. Au milieu d’ un système organisé pour rendre possible les apprentissages n’importe quand, n’importe où, au fur et à mesures des besoins. Dans un jeu d’acteurs, facilitateurs mais aussi régulateur garant de l’efficacité et de la pertinence des moyens mis en œuvre et veillant à ne jamais perdre de vue ce que doit être l’apprentissage : à la fois voie de formation professionnelle et d’éducation.

La solution nous la percevions, nous l’esquissions. Mais pour oser passer de l’idée à sa réalisation, il nous fallait une occasion. Un déclencheur. J’ai rencontré Laurent Lacroix à la faveur d’une visite de cette magnifique entreprise. Dans l’échange qui suivit nous nous rencontrions. Amoureux passionné de son métier, pleinement engagé dans le développement de son activité et conscient de l’importance primordiale du capital humain dans la réussite de ses projets il me faisait part de son désappointement de ne pouvoir transmettre à des apprentis.

L’occasion se présentait. C’était dit. Avec l’appui et la confiance des services de la Région et du service académique d’inspection de l’apprentissage nous prenions le risque de bouleverser nos habitudes, de fouiller le sens de notre métier pour répondre à cette nouvelle attente.

Il est toujours long le chemin qui mène de l’intuition à la réalisation. Il nous fallut plus deux ans au cours desquels d’autres entreprises rejoignirent le dispositif pour des raisons d’ailleurs chaque fois différente : Plast avenir, Constellium, le Tanneur,…

- Deux ans pour construire un premier modèle et le formaliser.

- Deux ans pour comprendre ce que signifie réellement Formation en situation de travail, imaginer des outils, comprendre l’intérêt du déploiement d’une plateforme Moodle, intégrer les techniques d’analyse du travail, interroger les outils numériques d’aujourd’hui.

- Deux ans pour comprendre comment créer la relation avec les équipes d’une entreprise plus habitué à produire qu’à construire des dispositifs de formation. Monsieur Girard, Monsieur Gossweiller merci de votre patience et de votre prise de risque.

- Deux ans pour trouver notre légitimité en tant qu’accompagnateur de ces entreprises. C’est vrai : que faisions nous là, nous qui prétendions aider et accompagner alors que nous ne connaissions rien ou si peu du métier. Question existentielle qui tarauda longtemps Joel Fraysse et Marc Rue mes collègues confrontés aux vraies difficultés du terrain. Merci messieurs pour avoir inscrit cette nouvelle réussite au tableau d’honneur de notre établissement.

Les premiers parcours territorialisés d’apprentissage sont arrivés à terme. C’est un succès. D’autres vont suivre, avec le même succès nous l’espérons. D’autres s’élaborent avec d’autres acteurs OPTINERIS, La branche de l’hôtellerie.

L’un devrait voir très prochainement le jour en Gironde. Cette fois nous ne sommes plus seuls. Nous travaillerons en relais avec le CFA COBAS de la Test de Buch. Établissement visionnaire dirigé par Vincent Coudert, qui partage nos diagnostics et nos valeurs. Merci Vincent de ta présence aujourd’hui.

Les parcours territorialisés sont une forme de réponse à des attentes exprimées du terrain. Pas une construction hors sol comme on en rencontre trop fréquemment dans le métier que j’exerce.

Une réponse articulée avec d’autres modes de formation qui ont fait leur preuve.

Une réponse qui a le mérite de réinterroger la base de notre métier. Qui enrichit nos pratiques. Et déjà notre cellule projet s’enrichit de nouveaux déploiements qui amélioreront la totalité de notre fonctionnement au quotidien pour le plus grand bénéfice des apprentis et des acteurs économiques.
C’est bien là tout l’intérêt des expérimentations. En défrichant elles ouvrent de nouvelles routes.

Ce sont des aventures humaines. Faites de rencontre et de confiance. Merci monsieur Lacroix de nous avoir accordé la vôtre.





Frédéric Aubreton

Mardi 13 Septembre 2016
Lu 191 fois

Notez




A lire également :
< >

Mercredi 2 Novembre 2016 - 10:10 Centre Ressources et d’Aide à la Formation

Mercredi 12 Octobre 2016 - 08:25 Lutter Contre L’Illettrisme au CFA 13 Vents.

former | se former | se perfectionner | se reconvertir | nous contacter | regard sur la pédagogie | presse | anciens élèves | sympa ! pas sympa ! | publicité | FAQ | télécharger | vidéo | espace partenaires | espace anciens élèves | espace conseil de perf | La qualité au CFA