Remise des Palmes académiques


Discours de Frédéric Aubreton lors de la remise des palmes académiques à Mylène Delage, Alain Colomb et Michel Caillard.



" Monsieur le Conseiller Régional ;
Monsieur le Conseiller Municipal ;
Monsieur le Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Corrèze ;
Et vous toutes et tous mesdames et messieurs en vos grades et qualités.
Madame Delage, Monsieur Colomb, Monsieur Caillard.
Vous m’avez fait aujourd’hui l’amitié et l’honneur de me solliciter pour vous décorer dans l’ordre des Palmes Académiques. Croyez que je suis sensible à cette marque d’estime. En effet, Les Palmes Académiques sont une distinction particulière. Créées il y a plus de 210 ans par la loi du 10 mai 1806 promulguée par Napoléon premier, elle échoit à des hommes et des femmes de talents qui par leur engagement, leur rectitude, leur probité, leur constance ont été jugés dignes d’être distingués pour leurs actions émérites au service de cette grande cause qu’est l’Éducation.
Rien ne peut me faire plus plaisir que de voir que, sur ma proposition, vos mérites puissent être ainsi reconnus. D’abord parce cette distinction vient par vous honorer l’ensemble des personnels ici et ailleurs qui œuvrent à l’émancipation et à l’élévation morale et professionnelle des apprentis. Ensuite parce qu’au travers de cette récompense c’est l’ensemble de l’établissement : le « CFA les 13 vents » qui est reconnu pour son action efficace et pertinente. Enfin parce que je vous connais bien. Parce qu’en douze ans de travail en commun vous avez fait beaucoup. Parce que je suis fier du travail que vous avez accompli. Et que ma satisfaction en ce moment est pleine d’avoir pu partager avec vous, pendant toutes ces années, le destin d’une communauté éducative dont je connais la valeur.
Madame Delage, vous êtes professeure au CFA les 13 vents depuis 1988 et ce après avoir enseigné à l’École de coiffure de Brive, école que vous aviez rejoint après un temps de salariat comme ouvrière coiffeuse et avoir brillamment obtenu successivement le CAP puis le Brevet professionnel de coiffure. En près de 30 ans passés dans cet établissement vous avez fait la démonstration de vos très grands talents professionnels. Les apprenti(e)s garçons et filles vous sont attaché(e)s. Et s’il y a bien un témoignage de la qualité du professorat d’un enseignant, c’est bien celle-là. On ne peut apprendre sans confiance, sans écoute, sans marque d’attention. Vous avez su au fil des ans développer la posture qui convient pour créer le climat propice à la transmission des savoirs. Cette réussite vous honore et compte parmi les plus belles de l’Académie. Vos mérites y sont d’ailleurs largement reconnus. Au fil des ans les représentants des différents corps d’inspection de l’Éducation Nationale n’ont jamais de vous solliciter, de vous associer aux divers travaux, aux diverses commissions portant sur l’application des référentiels des formations, sur les choix de sujet, et toute cette production administrative importante sans laquelle le système éducatif ne serait pas ce qu’il est . Voilà bien, je crois, la preuve de votre professionnalisme et de la reconnaissance de votre expertise par vos pairs. Madame Delage, Mylène si vous le me le permettez, vous êtes une professeure de talent. Et vous êtes aussi une femme de conviction comme en témoigne votre engagement en qualité d’élue municipale, Moi, je pense que vous êtes surtout une femme de cœur, une femme d’apaisement, de mesure, de pondération, de raison, d’honnêteté. Toutes qualités que j’ai eu le plaisir d’apprécier au fil de ces années professionnelles ainsi que vos collègues qui vous élurent plusieurs fois déléguée du personnel à la Commission Paritaire Locale de la Chambre de Métiers et
de l’Artisanat de la Corrèze. Je sais que ces valeurs ne vous quitteront pas pour le plus grand bien de cet établissement, de vos collègues et des apprenti(es). À cette minute permettez-moi de vous féliciter pour la distinction dont le gouvernement vous honore.
Monsieur Colomb, vous êtes professeur de pâtisserie et de boulangerie au CFA les 13 vents depuis 1992. Titulaire d’un BAC C obtenu en 1986, vous faites le choix par tradition familiale de vous consacrer aux métiers de la farine. Devenant apprenti vous obtenez brillamment le CAP pâtissier et le CAP boulanger puis en 1991 et 1992 devenez successivement titulaire diplôme du Brevet de Maîtrise de pâtisserie et de boulangerie. Une performance notable mais qui n’étonne pas puisque la Profession, reconnaissant votre excellence professionnelle vous décerne le titre de meilleur apprenti pâtissier puis de meilleur apprenti boulanger. Vous auriez alors pu prendre votre envol et créer ou reprendre une entreprise artisanale où, il n’y a aucun doute, vous auriez excellé. Pourtant la rencontre avec votre professeur de l’époque, monsieur Lavialle, vous convainc d’embrasser la carrière d’enseignant. Les amateurs de bon pains et autres douceurs y perdirent certainement mais le monde de l’Education y gagna un professeur émérite, reconnu tant dans le milieu professionnel que parmi les apprentis. Quand on rencontre en Corrèze un boulanger ou un pâtissier, et qu’on parle de vous on dit « monsieur Colomb ». Notez le respect que cela implique dans un monde où l’image de l’enseignant est trop souvent écornée. Personnellement ça ne m’étonne pas. Vos qualités sont connues : constance, rigueur, maîtrise, vivacité d’esprit et j’ajouterais pour ma part loyauté. Une qualité rare qui dans ma fonction s’apprécie et à laquelle j’attache à titre personnel la plus grande importance. Monsieur Colomb, j’eu en douze ans le plaisir d’oeuvrer à vos côtés au développement de la filière pâtisserie qui fait aujourd’hui, entre autre, la renommée de cet établissement. Je crois pouvoir vous en attribuer grandement le mérite ce qui ne minore pas ni le travail de ceux qui vous ont précédé ni de celui qui vous a rejoint ensuite. Il fut un temps où l’extension de la filière pâtisserie du CFA les 13 vents était discutée. Votre engagement dans la mise en place de la mention complémentaire, contre vents et marées, fut indéniablement un cap, un point d’inflexion pour parler au mathématicien que vous êtes, qui profita à l’établissement dans son ensemble. J’aurais aimé avoir pour des diplômes similaires la même réussite. Ce ne fut pas le cas : tant pis. Il est sûr que dans un contexte jamais simple, votre engagement, fut à tous égards décisif. Après que Yannick Maurie vous ait rejoint, je ne doute pas du succès que connaîtra la filière dont vous avez la charge. Je vous remercie de cela et à cet instant permettez-moi de vous féliciter, à votre tour pour la distinction qui vous est faite.
Monsieur Caillard ou plutôt Michel si vous me permettez mesdames et messieurs cette légère entorse au protocole. Si j’use du prénom et du tutoiement c’est bien sûr pour affirmer non seulement mon admiration, mais aussi mon affection. Michel, nous nous rencontrâmes dans cet établissement il y a douze ans à la faveur de ma prise de fonction. Nous aurions certainement pu le faire bien avant mais n’étant pour ma part ni corrézien ni tulliste ni même limousin, il aurait fallu un grand hasard pour que ce soit le cas. Nous aurions pu le faire car comme notre chemin commun le démontra ensuite, nous partageons beaucoup sur la vision de ce que doit être un établissement de formation, beaucoup sur l’apprentissage, beaucoup sur le devenir des jeunes, beaucoup sur l’immense responsabilité qui nous est confiée, lorsque des familles nous font confiance pour accompagner, éduquer, émanciper de jeunes garçons et filles et quelque part influer positivement sur leur destin. Beaucoup également sur les valeurs de la vie, probité, optimisme, tolérance,
responsabilité, loyauté, ouverture, curiosité dans un rapport au monde plus orienté vers le cosmopolitisme que vers l’internationalisme.
Michel tu es l’un des plus anciens dans cet établissement. Entré en 1981 en la double qualité d’éducateur et de professeur de français, tu as progressivement pris ta place et gagné la confiance du Directeur de l’époque Jean Soria. Ton appétit du voyage, jamais démenti, te font parfaire un anglais appris à la Fac au cours de tes études de DEUG en économie. Naturellement, tu deviens rapidement LE professeur d’anglais du CFA les 13 vents. Celui dont les anciens, dont beaucoup de professionnels de l’artisanat se souviennent, avec émotion et respect.
Enseigner l’anglais dans un CFA n’est pas une chose facile. Pas plus que les maths ou le français me direz-vous. Mais l’anglais a ceci de particulier qu’il correspond souvent à des expériences scolaires cuisantes. Il faut beaucoup de tact, de mise en confiance, d’art de la mise en scène, de détours pédagogiques, de patience pour rendre attractif ce que beaucoup d’apprenant rejettent à priori.
En 2005, tu excellais dans cette fonction de professeur. Tu excellais tellement que cela nous fournit matière à un premier chalenge : faire de la langue anglaise et du goût pour la mobilité le fer de lance du projet éducatif et pédagogique de l’établissement. Te souviens-tu Michel de ce temps héroïque où nous recevions France 2 pour un reportage sur les séances pédagogiques tout en Anglais au restaurant d’application ? Où nous mettions l’anglais au menu de la formation de tous les professeurs ? Où Jérôme Bordes commençait le casse-tête des mobilités individuelles. Où nous remportions le « label européen des langues » décerné par ce que l’on appelle maintenant l’agence ERASMUS je dirais au nez et à la barbe d’autres établissements qui s’étonnaient que l’on puisse réussir dans ce domaine. Cette victoire te valut un rapport d’inspection enthousiaste de la part de l’inspectrice de cette discipline et un rapport non moins élogieux de Gilbert Riche chef du SAIA.
Cela te valut, en 2008, d’être nommé directeur adjoint en charge de la coordination pédagogique de l’établissement en même temps que Michel Montagnac qui lui fut nommé directeur adjoint en charge du projet éducatif.
Les qualités dont tu avais fait montre comme professeur d’anglais se confirmèrent aussitôt avec un nouveau chalenge cette fois, plus difficile et plus ingrat, consistant à réussir la double performance d’implanter le CCF au sein de notre communauté éducative, assez réticente, tout en prenant des fonctions d’encadrement au sein de l’équipe dont tu étais issu.
Là, tes talents de diplomatie, de patience et de fermeté tranquille furent décisives pour permettre à cet établissement de tenir le cap, de se développer, de prospérer de grandir en un mot. Notre dernière victoire commune à laquelle j’associe bien sûr l’ensemble de l’équipe et en particulier le groupe des pilotes de processus animé par Marc Rue fut de se voir certifié ISO 9001. C’est pour moi, tu la sais, une très grande fierté, qui efface bien des désagréments.
Par ton engagement et ta constance, tu as largement contribué à ce que cela soit possible. Permets-moi ici de t’en remercier vraiment.
Aujourd’hui, Isabella Ernst et toi allez prendre de nouvelles fonctions. Croyez en tous les deux mon expérience, il y aura des vents porteurs et des vents contraires. Je ne doute pas Michel qu’associé à Isabella, avec tout le soutien de l’équipe, tes nombreux talents permettrons de franchir d’autres
caps. C’est mon voeu le plus cher. Pour tout cela Michel et pour tes nombreux mérites permets moi à cet instant, de te féliciter à ton tour pour la distinction dont le gouvernement t’honore.

Madame Delage, Monsieur Colomb, Monsieur Caillard, je vais maintenant vous remettre les insignes de chevalier dans l’ordre des palmes académiques, non sans en vous rappeler la symbolique. Les palmes sont de laurier symbolisant la réussite par l’effort, le ruban violet mélange équilibré de rouge et de bleu est signe de sagesse, de connaissance, d’autorité mais aussi de spiritualité.
Madame Mylène Delage, au nom du Gouvernement de la République, nous vous faisons chevalier de l'Ordre des Palmes Académiques ;
Monsieur Alain Colomb, au nom du Gouvernement de la République, nous vous faisons chevalier de l'Ordre des Palmes Académiques ;
Monsieur Michel Caillard, au nom du Gouvernement de la République, nous vous faisons chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques."

F. Aubreton

Mardi 18 Juillet 2017
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